Choisir entre une HES et une Université n’est pas une question de prestige, mais la première grande décision stratégique pour l’architecture de votre carrière en Suisse.

  • Les diplômés des HES marquent des points grâce à un rendement immédiat de la pratique et des salaires de départ souvent plus élevés.
  • Les diplômés des Universités acquièrent une profondeur théorique qui s’avère payante à long terme dans des postes stratégiques et de recherche.

Recommandation : La clé ne réside pas dans le choix « soit l’un/soit l’autre », mais dans la combinaison intelligente des deux mondes par le biais de formations continues (CAS/MAS), afin de créer un profil de compétences unique.

Hésitez-vous entre des études dans une Haute École Spécialisée (HES) et une Université ? C’est l’un des tournants les plus importants pour votre avenir professionnel en Suisse. De nombreuses discussions s’arrêtent à la confrontation superficielle « pratique vs théorie ». On entend dire que les diplômés HES trouvent un emploi plus rapidement, tandis que les universitaires ont de meilleurs atouts pour la recherche. Pourtant, cette vision est trop limitée et ignore la profondeur stratégique du système éducatif suisse.

En Suisse, il ne s’agit pas de trouver la « seule vraie » voie. Vous devriez plutôt considérer votre formation comme une sorte d’architecture de compétences. Chaque diplôme – qu’il s’agisse du certificat fédéral de capacité (CFC), de la maturité professionnelle (MP), du Bachelor HES ou du Master universitaire – est une brique précieuse. Pour clarifier : une École Supérieure (ES) propose une formation axée sur la pratique au niveau tertiaire B, tandis que la HES, tout comme l’université, appartient au degré tertiaire A et délivre des titres académiques. Cet article va au-delà des comparaisons habituelles et vous montre comment utiliser stratégiquement les forces des deux systèmes.

Nous analysons non seulement quelle voie mène à quel salaire, mais aussi comment construire votre profil de manière ciblée pour devenir indispensable sur le marché du travail suisse. Il s’agit de choisir consciemment entre spécialisation ou généralisme, et d’utiliser la perméabilité unique de notre système comme un accélérateur de carrière. Car au final, ce n’est pas seulement le titre sur le papier qui compte, mais le profil de compétences unique que vous vous créez.

Ce guide vous accompagne à travers les questions cruciales, des voies d’accès aux réalités financières, jusqu’à la planification de carrière à long terme. Découvrez comment orienter vos choix pour réussir.

Comment étudier l’informatique, même si vous n’avez « qu’un » apprentissage professionnel ?

Le préjugé selon lequel un apprentissage professionnel serait une impasse est dépassé depuis longtemps dans le système éducatif suisse. Au contraire : la perméabilité stratégique est l’une de nos plus grandes forces. Particulièrement dans le domaine de l’informatique, où l’expérience pratique vaut de l’or, le passage par un apprentissage offre une base excellente. L’obtention d’un certificat fédéral de capacité (CFC) d’informaticien n’est pas un point final, mais la première brique, extrêmement solide, de votre architecture de compétences.

La clé des études supérieures réside dans la maturité professionnelle (MP). Cependant, il existe plusieurs façons de franchir cet obstacle et de se qualifier ainsi pour des études en HES. Un parcours typiquement suisse en témoigne : après un apprentissage d’informaticien CFC, suit souvent la maturité professionnelle pour adultes (MP 2), par exemple dans des instituts comme AKAD ou les écoles Bénédict. Ensuite, la voie vers un Bachelor en informatique dans une HES telle que la ZHAW est ouverte. Cette combinaison de pratique solide et de théorie académique est extrêmement prisée par les PME suisses et permet des spécialisations dans des domaines très pertinents comme l’architecture cloud.

Différents chemins s’offrent à vous pour atteindre votre objectif. Votre choix dépend de votre situation personnelle, de vos moyens financiers et de votre gestion du temps. Les options suivantes illustrent la diversité des parcours :

  1. Maturité professionnelle pour adultes (MP 2) : C’est la voie classique après l’apprentissage. Vous pouvez la suivre en cours d’emploi en deux ans ou à plein temps en un an. Elle vous donne un accès direct à toutes les hautes écoles spécialisées de Suisse.
  2. Cours de passerelle : Si vous souhaitez intégrer une université cantonale ou l’une des écoles polytechniques fédérales (EPFL/ETHZ) après votre maturité professionnelle, la passerelle est le pont idéal. Ce cours d’un an à plein temps vous prépare à l’examen complémentaire.
  3. Admission « sur dossier » : Certaines hautes écoles spécialisées, comme la HES-SO ou la FHNW, proposent une admission « sur dossier ». Pour cela, vous avez généralement besoin de plusieurs années d’expérience professionnelle qualifiée et devez prouver votre aptitude lors d’une procédure d’admission via un portfolio et un entretien.
  4. Brevet fédéral : Comme alternative ou étape intermédiaire, l’obtention d’un brevet fédéral peut être judicieuse. C’est une qualification reconnue sur le marché du travail qui peut faciliter plus tard l’accès à d’autres niveaux de formation.

Le système suisse est conçu pour encourager les talents, quel que soit leur parcours initial. Un apprentissage professionnel est donc un fondement solide sur lequel vous pouvez bâtir une carrière académique et professionnelle impressionnante.

Pourquoi les diplômés HES gagnent-ils souvent plus au début, mais sont rattrapés plus tard par les universitaires ?

C’est une observation courante sur le marché du travail suisse : les diplômés HES commencent souvent avec un salaire plus élevé que leurs collègues de l’université. Ce phénomène n’est pas un hasard, mais le résultat direct de ce que l’on appelle le rendement de la pratique. Les études HES sont orientées vers la transmission de connaissances applicables. Les entreprises apprécient cela car les nouveaux collaborateurs sont productifs dès le premier jour et ne nécessitent pas de longues phases d’adaptation.

Cette capacité opérationnelle immédiate représente une valeur concrète pour l’employeur. Un titulaire d’un Bachelor en énergies renouvelables et génie environnemental de la Haute école technique de Rapperswil le décrit très bien, comme le montre une analyse du « phénomène de croisement » au sein des grands groupes suisses :

« J’ai pu appliquer les contenus appris pendant mes études dès mon premier jour de travail. »

– Manuel, diplômé HES

Mais pourquoi cette tendance s’inverse-t-elle souvent après quelques années ? La raison réside dans l’orientation différente des parcours de carrière. Alors que les diplômés HES débutent en tant que spécialistes recherchés, les universitaires posent souvent un fondement théorique plus large. Ils commencent fréquemment leur carrière dans des postes d’assistants ou de recherche moins rémunérés, par exemple dans de grands groupes comme Novartis, UBS ou Nestlé. Cependant, ces postes sont souvent conçus comme des tremplins stratégiques pour une future carrière dans le management ou la direction.

La capacité d’abstraction, d’analyse de systèmes complexes et la méthodologie scientifique acquises à l’université deviennent précieuses lorsqu’il s’agit de tâches stratégiques, conceptuelles et de direction. Les diplômés HES qui souhaitent accéder à de tels postes doivent souvent combler cette lacune par des formations continues ciblées, typiquement avec un Master of Advanced Studies (MAS) ou un Master of Business Administration (MBA). Il ne s’agit donc pas d’un dépassement en soi, mais du résultat de deux logiques de carrière différentes mais équivalentes.

Travailler à temps plein et étudier : comment survivre à 4 ans de double charge sans burnout ?

Des études en cours d’emploi dans une haute école spécialisée sont un marathon, pas un sprint. Jongler pendant quatre ans avec les exigences du travail, des études et de la vie privée est un défi immense qui requiert une stratégie astucieuse et une discipline de fer. Beaucoup sous-estiment la charge, ce qui peut mener au pire à un burnout. La clé du succès ne consiste pas à travailler plus dur, mais à planifier plus intelligemment et à utiliser les ressources disponibles en Suisse de manière ciblée.

La première étape, et la plus importante, est une auto-évaluation réaliste et une communication ouverte avec votre employeur. Un environnement de soutien représente la moitié du chemin. De nombreuses entreprises suisses encouragent activement la formation continue de leurs collaborateurs, car elles profitent directement des nouvelles compétences acquises. Il s’agit de créer une situation gagnant-gagnant où vos projets d’études pourraient même être liés à vos tâches professionnelles.

Work-Study-Balance und Zeitmanagement für berufsbegleitendes Studium in der Schweiz

Comme le suggère la visualisation, une bonne gestion du temps est cruciale. Mais il ne s’agit pas seulement de listes de choses à faire. Il s’agit de soulagement financier, de santé mentale et d’utilisation du système à votre avantage. La double charge n’est pas seulement une question de temps, mais aussi d’énergie mentale et financière. Ceux qui planifient avec prévoyance ont de bien meilleures chances de surmonter avec succès cette période exigeante et d’en ressortir renforcés.

Votre plan pour une Work-Study-Life-Balance en Suisse

  1. Adapter le taux d’activité : Envisagez de réduire votre temps de travail à 80 %. Le droit du travail suisse offre souvent des modèles flexibles qui le permettent et sont soutenus par l’employeur.
  2. Assurer un soutien financier : Demandez des bourses cantonales. Selon le canton et la situation financière, des contributions annuelles comprises entre 2’000 CHF et 12’000 CHF sont possibles.
  3. Optimiser les impôts : Déduisez vos frais de formation de vos impôts. En Suisse, jusqu’à 12’000 CHF par an peuvent être déduits au titre des frais de formation et de perfectionnement professionnels.
  4. Prioriser la santé mentale : Utilisez les services de conseil psychologique de votre haute école. Ils sont généralement gratuits pour les étudiants et aident à prévenir le stress et le surmenage.
  5. Créer des synergies : Essayez de lier vos travaux d’études et projets à des tâches chez votre employeur. Cela réduit la charge totale et démontre l’utilité directe de votre formation.

Le malentendu sur le « Bachelor » qui pourrait vous freiner si vous voulez travailler à l’étranger

Un diplôme HES suisse jouit d’une grande estime dans le pays. Cependant, dès que vous tentez l’aventure à l’étranger, vous pouvez vous heurter à un obstacle inattendu : un malentendu profond sur la nature de votre « Bachelor ». Alors qu’en Suisse, la différence et l’équivalence entre l’Université et la HES sont bien établies, le concept de « University of Applied Sciences » est moins connu dans de nombreux pays, notamment dans le monde anglo-saxon. Là-bas, le modèle universitaire classique domine.

Le terme « Fachhochschule » (HES) est souvent confondu à tort avec une sorte d’école professionnelle ou un « College » de rang académique inférieur. Cela peut conduire à ce que votre Bachelor de haute qualité, axé sur la pratique, soit sous-évalué. Les recruteurs à l’étranger, peu familiers avec le système de formation dual, pourraient supposer que votre diplôme est moins « académique » ou rigoureux. Ce problème de perception internationale est un obstacle réel que vous pouvez toutefois surmonter de manière proactive avec une communication adéquate.

Il ne s’agit pas de « vendre » votre diplôme, mais de le contextualiser correctement. Vous devez jeter un pont et rendre compréhensibles pour votre futur employeur à l’étranger les forces de votre parcours de formation. L’accent mis sur l’application pratique, le travail par projet et la capacité professionnelle directe peut même devenir un avantage s’il est formulé correctement. La clé est de parler la langue de votre interlocuteur et de souligner les avantages spécifiques de votre titre.

Heureusement, il existe des instruments standardisés et des astuces stratégiques pour assurer la reconnaissance internationale de votre Bachelor HES et lever les malentendus d’emblée :

  • Demander le Diploma Supplement : Chaque HES suisse délivre sur demande un « Diploma Supplement ». Ce document standardisé de l’UE décrit votre diplôme, les compétences acquises et le système éducatif suisse dans un format compréhensible au niveau international.
  • Formuler avec précision dans le CV : Utilisez la dénomination « Bachelor of Science in Applied Sciences » (ou Arts). Cela sonne plus familier à l’international que « Bachelor HES ».
  • Nommer correctement le type d’établissement : Dans un CV en anglais et lors des entretiens, utilisez systématiquement le terme « University of Applied Sciences ». Évitez la traduction littérale des termes locaux.
  • Argumenter selon le secteur : En Allemagne et en Autriche, le diplôme HES est connu et très estimé comme gage de qualité proche de la pratique. Vous pouvez ici marquer des points avec assurance.
  • Compléments pour une carrière dans la recherche : Si vous visez une carrière de chercheur aux USA ou au UK, un Master consécutif dans une université de recherche renommée (comme l’EPFL ou l’ETHZ) peut aider à affiner votre profil « académique ».

Quand faut-il se spécialiser et quand vaut-il mieux rester généraliste ?

La décision entre une carrière de spécialiste ou de généraliste est un pivot de carrière central. Les études en HES ont tendance à produire des spécialistes, tandis que les études universitaires posent souvent une base plus généraliste. Aucune des deux orientations n’est intrinsèquement meilleure ; le bon choix dépend fortement de l’environnement de travail visé et des objectifs de carrière personnels. En Suisse, cette décision est également influencée par les pôles économiques régionaux bien marqués.

Une spécialisation fait de vous un expert recherché dans une niche. C’est particulièrement précieux dans les secteurs exigeant des connaissances approfondies. La Suisse offre ici des points de repère géographiques clairs : une spécialisation en Life Sciences est idéale dans la région de Bâle avec les géants Roche et Novartis. Ceux qui se focalisent sur la FinTech trouveront un écosystème idéal dans la « Crypto Valley » entre Zurich et Zoug. L’Arc jurassien (« Watch Valley ») est prédestiné aux experts en microtechnique, tandis que les Grisons sont le point de ralliement des spécialistes du tourisme.

Schweizer Wirtschaftscluster und Spezialisierungsregionen visualisiert

Un généraliste, en revanche, possède des connaissances larges et la capacité de penser au-delà des frontières des départements et d’établir des liens. Cette compétence est surtout demandée dans les grands groupes, dans le conseil en stratégie et dans les postes de direction, où la réflexion stratégique et en réseau est cruciale. Le tableau suivant résume les principales différences et peut vous aider dans votre choix.

Généraliste vs Spécialiste : Une confrontation
Critère Généraliste (souvent profil Uni) Spécialiste (souvent profil HES)
Employeur idéal Grands groupes, cabinets de conseil PME, départements spécialisés
Parcours de carrière typique Rôles stratégiques, management Parcours d’expert, spécialiste métier
Formation continue optimale MBA pour l’étendue stratégique MAS/CAS pour la profondeur métier
Profil en T (T-Shaped) Axe horizontal fort (largeur) Axe vertical fort (profondeur)

En fin de compte, l’image idéale aujourd’hui est souvent celle du professionnel « en forme de T » : une personne disposant d’une expertise approfondie (la barre verticale du « T »), mais aussi de connaissances générales suffisamment larges pour collaborer efficacement avec d’autres disciplines (la barre horizontale).

Quand devriez-vous faire la MP pendant l’apprentissage et quand vaut-il mieux la faire après (MP 2) ?

La maturité professionnelle (MP) est le ticket d’entrée décisif pour la haute école spécialisée. La seule question est : quel est le meilleur moment pour obtenir ce ticket ? Le choix entre la MP 1 (intégrée pendant l’apprentissage) et la MP 2 (en cours de plein temps ou partiel après l’apprentissage) est l’un des premiers grands choix stratégiques de votre carrière. Les deux voies mènent au même but, mais le chemin diffère considérablement en termes de charge, de finances et de maturité personnelle.

La MP 1 est la voie directe. Vous effectuez l’apprentissage et les cours de maturité en parallèle. Cela exige dès le départ une grande discipline et une forte résistance au stress. La double charge n’est pas à sous-estimer, mais la récompense est une transition fluide de l’apprentissage aux études. Vous ne « perdez » pas de temps. Cette voie convient aux jeunes gens déterminés qui savent tôt qu’ils veulent étudier et qui acceptent le défi de la double charge.

La MP 2 offre plus de flexibilité et est souvent perçue comme la voie de la maturité. Après l’apprentissage, vous pouvez d’abord acquérir de l’expérience professionnelle et travailler à plein temps, ce qui stabilise votre situation financière. Le choix de la MP 2 est souvent plus conscient. Vous savez déjà ce que signifie le monde du travail et pouvez choisir vos études de manière plus ciblée. L’apprentissage focalisé en une année à plein temps ou deux ans à temps partiel est ressenti par beaucoup comme moins stressant que les années de double charge de la MP 1. Cette option souligne parfaitement la philosophie des hautes écoles spécialisées telle que décrite par les experts.

Comme le souligne Formation Suisse dans son guide d’études :

Les hautes écoles spécialisées proposent, sous la devise ‘équivalentes mais différentes’, des formations axées sur la pratique au niveau universitaire.

– Formation Suisse, Guide des études Bildung-Schweiz.ch

La matrice suivante peut vous aider à trouver l’option qui vous convient le mieux :

Matrice de décision : MP 1 versus MP 2
Critère MP 1 (pendant l’apprentissage) MP 2 (après l’apprentissage)
Temps total investi 4 ans d’apprentissage & MP combinés 3 ans d’apprentissage + 1-2 ans de MP
Situation financière Salaire d’apprenti réduit, moins de marge Possibilité de travailler à 100% avant la MP
Charge de travail Double charge constante et élevée Phases d’apprentissage focalisées
Maturité personnelle Nécessite une décision très précoce Permet un choix d’études plus mûr avec expérience

Examen d’entrée ou accès direct : quels obstacles les talents internationaux doivent-ils surmonter ?

La Suisse est très attractive au niveau international en tant que pôle de formation et de recherche. Cependant, pour les talents venant de l’étranger, le chemin vers une haute école suisse, en particulier une HES, est semé d’embûches spécifiques. Il ne suffit pas d’avoir un excellent diplôme étranger en poche. Le processus est formalisé et exige une préparation minutieuse. Le point de contact central est swissuniversities, responsable de la reconnaissance des certificats de fin d’études secondaires étrangers.

L’un des plus grands obstacles est la preuve d’au moins une année d’expérience professionnelle pertinente dans le domaine d’études visé. C’est une particularité de l’admission en HES qui souligne l’importance accordée à la pratique. De plus, il faut prouver des connaissances linguistiques suffisantes dans la langue d’enseignement (allemand, français ou italien) à un niveau élevé (généralement C1). Enfin, le financement des études et du coût de la vie doit être garanti pour la durée du visa, ce qui représente, selon le canton, une somme de 21’000 CHF à 28’000 CHF par an.

Alors que l’accès à la plupart des filières HES est direct si les critères sont remplis, il existe des exceptions. Ainsi, il existe des restrictions d’accès pour certaines filières universitaires comme la médecine, la chiropratique ainsi que les sciences du sport et du mouvement avec un test d’aptitude national. Pour les étudiants étrangers, il est crucial de s’informer tôt et en détail sur les exigences spécifiques de la haute école de leur choix.

Le processus de reconnaissance peut durer plusieurs mois et engendre des coûts. Une planification stratégique est donc indispensable. Une étape souvent sous-estimée mais précieuse peut être un stage préalable en Suisse, qui non seulement aide à l’admission, mais pose aussi les bases d’un réseau professionnel.

Étape par étape : Le processus de reconnaissance pour les candidats internationaux

  1. Demander la reconnaissance du diplôme : Déposez votre diplôme étranger auprès de swissuniversities pour examen. Prévoyez des frais de 170 à 400 CHF et un délai de traitement de 2 à 4 mois.
  2. Fournir une preuve linguistique : Passez un test de langue officiel et obtenez le certificat requis (ex: Goethe-Zertifikat C1 pour l’allemand ou DALF C1 pour le français).
  3. Documenter l’expérience pratique : Justifiez d’au moins un an d’expérience professionnelle à plein temps et pertinente dans le domaine d’études visé. Les certificats de travail et descriptions de projets sont ici décisifs.
  4. Prouver le financement : Fournissez une preuve de moyens financiers suffisants pour la demande de visa. Le montant exact varie selon le canton.
  5. Effectuer un stage préalable : Envisagez un stage en Suisse. Cela augmente non seulement vos chances d’admission, mais c’est aussi un sésame inestimable pour votre réseau professionnel.

L’essentiel en bref

  • Choix stratégique : HES vs Université n’est pas un jugement de valeur, mais un choix stratégique pour une carrière de spécialiste ou de généraliste.
  • Rendement de la pratique : Les diplômés HES bénéficient d’un salaire de départ plus élevé grâce à des connaissances immédiatement applicables, tandis que les universitaires accèdent souvent à des rôles stratégiques à long terme.
  • Architecture de compétences : La clé du succès sur le marché suisse réside dans la combinaison intelligente de diplômes (apprentissage, HES, Université, CAS/MAS) pour créer un profil unique.

Comment devenir un spécialiste indispensable sur le marché du travail suisse ?

Le bon diplôme n’est que la moitié du chemin. Pour non seulement survivre mais devenir indispensable sur le marché du travail suisse exigeant, vous devez concevoir votre carrière comme un processus continu de construction de compétences – votre architecture de compétences personnelle. Il s’agit de développer stratégiquement les forces de la voie HES – proximité avec la pratique, spécialisation, réseau – et de les compléter judicieusement par d’autres briques.

Un facteur décisif que les diplômés HES apportent dès le départ est leur réseau. Grâce à la collaboration étroite avec les entreprises pendant les études et aux enseignants issus de la pratique, des contacts précieux se créent. Ce sont les clés du marché caché de l’emploi, où l’on estime qu’en Suisse 70 % des meilleurs postes sont pourvus sans jamais faire l’objet d’une annonce publique. Les réseaux d’alumni des différentes hautes écoles (ex: HSG-Alumni pour l’économie ou FH Graubünden pour le tourisme) sont ici un capital inestimable.

Cette conviction est partagée par les dirigeants de l’économie suisse, comme Marc Winkelmann, CEO de robofact ag et ambassadeur HES, le souligne dans une publication de FH SUISSE :

« En tant qu’ambassadeur HES, je m’engage parce que je crois en la formation axée sur la pratique et aux capacités des jeunes professionnels de demain. Cette combinaison unique prépare les étudiants de manière optimale pour leur avenir. »

– Marc Winkelmann, CEO robofact ag

Mais à quoi ressemble concrètement la construction stratégique de vos compétences ? C’est un processus en plusieurs étapes qui combine des bases pratiques avec un approfondissement ciblé et des facteurs importants de « Swissness ».

Professionelles Netzwerk und Karriereentwicklung in der Schweizer Arbeitswelt

Le chemin pour devenir un spécialiste indispensable est une tâche consciente et permanente. Il s’agit d’allier profondeur technique et vision stratégique.

  • Niveau 1 : Compétence de base pratique. Le Bachelor HES fournit la capacité professionnelle directe et un socle technique solide.
  • Niveau 2 : Approfondissement spécifique. Avec un Certificate ou Diploma of Advanced Studies (CAS/DAS), vous pouvez acquérir en 6 à 12 mois des connaissances spécialisées très demandées tout en travaillant.
  • Niveau 3 : Direction stratégique. Un Master of Advanced Studies (MAS) ou un MBA (1,5 à 2 ans) vous qualifie pour des postes de direction et de management.
  • Niveau 4 : Facteurs de « Swissness ». Cultivez des compétences particulièrement appréciées en Suisse : plurilinguisme, orientation vers le consensus et les solutions, ainsi qu’un sens aigu de la qualité.
  • Niveau 5 : Adaptation continue. Restez à la pointe du progrès, particulièrement dans les domaines de la numérisation et de l’IA, par des formations continues régulières.

Le chemin du succès n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat de décisions stratégiques intelligentes. Commencez dès aujourd’hui à concevoir votre architecture de compétences personnelle et à poser les jalons de votre avenir en tant que spécialiste recherché.