La livraison le lendemain n’est pas un simple service, mais le résultat d’un calcul de processus précis mais brutal sur le Plateau suisse.
  • La concentration géographique le long de l’A1 et l’automatisation robotique sont les moteurs de la rapidité.
  • Cette efficacité a un prix : une destruction systémique des retours et une pression énorme sur la main-d’œuvre et les infrastructures.
Recommandation : Comprendre ces mécanismes est essentiel pour évaluer les coûts réels et les opportunités de la logistique e-commerce.
Le clic sur « Acheter maintenant » déclenche une mécanique à peine visible mais colossale. Moins de 24 heures plus tard, on sonne à la porte : le colis est là. Pour de nombreux consommateurs, la livraison le lendemain est une évidence magique de l’ère numérique. Pour les responsables e-commerce, c’est un avantage concurrentiel calculé avec acharnement. Pourtant, derrière cette rapidité ne se cache aucun enchantement, mais une machine hautement efficace et simultanément fragile, faite de béton, de logiciels, de robotique et de travail humain, qui tourne à plein régime, principalement sur le Plateau suisse. Les explications habituelles ne font qu’effleurer la surface : on parle de bon emplacement et de traitement rapide. Mais ces simplifications ignorent les compromis complexes entre les processus. Quand nous parlons de logistique du commerce en ligne, nous pensons souvent aux camionnettes du dernier kilomètre. Mais le véritable cœur, la colonne vertébrale logistique de la Suisse, bat le long de l’autoroute A1, où de gigantesques centres de distribution donnent le rythme. Que se passe-t-il réellement dans ces halles après la réception d’une commande ? La réponse réside dans un système optimisé pour une efficacité maximale – avec toutes les conséquences que cela implique. Cet article jette un coup d’œil dans les coulisses. Nous disséquons le mécanisme de la livraison le lendemain et révélons les décisions stratégiques qui la rendent possible. Au lieu de simplement vanter les mérites de la vitesse, nous analysons les processus sous-jacents : du choix stratégique de l’emplacement à l’efficacité froide de la robotique, en passant par la vérité sans fard sur les retours. Il s’agit de comprendre ce que coûte réellement la livraison le lendemain – en francs, en charge d’infrastructure et en conditions de travail. Nous montrons comment ce système fonctionne, où se situent ses points de rupture et comment vous pouvez, en tant que responsable e-commerce, actionner les bons leviers pour votre propre entreprise. Pour comprendre les interactions complexes de la logistique e-commerce suisse, nous avons structuré cet article en huit domaines clés. Chaque section éclaire une facette critique du système qui rend possible la livraison le lendemain.

Pourquoi tous les centres de distribution se concentrent-ils le long de l’A1 et qu’est-ce que cela signifie pour les embouteillages ?

La réponse à la question de l’emplacement des centres logistiques suisses est une leçon de géographie et d’efficacité. La colonne vertébrale logistique de la nation est l’axe entre Härkingen et Oftringen, sur le Plateau. Ici, à proximité immédiate de l’autoroute A1 et du nœud ferroviaire d’Olten, se concentre une densité sans précédent de centres de distribution. La raison est simple : à partir de ce point, les grands centres urbains comme Zurich, Berne, Bâle et Lucerne sont rapidement accessibles par camion, et la Suisse romande est également connectée de manière efficace. C’est le « sweet spot » géographique pour une distribution nationale. Des acteurs majeurs comme la Poste, Coop, Migros et Planzer y ont érigé leurs géants de l’entreposage. Une enquête de la SRF montre que ces entreprises exploitent souvent leurs centres à quelques kilomètres seulement les uns des autres. Cette concentration n’est pas un hasard, mais le résultat d’un calcul rigoureux pour minimiser les temps et les coûts de transport. La proximité de l’A1 permet de fixer les heures limites de commande (cut-off) pour les livraisons le lendemain le plus tard possible, tout en acheminant les colis pendant la nuit vers les bases de distribution régionales.
Velokurier navigiert durch Zürcher Altstadt für Same-Day Delivery
Cependant, cette efficacité a un prix visible : une congestion routière chronique. Chaque achat en ligne génère des trajets en camion – vers le centre et depuis celui-ci. L’A1 dans le secteur Argovie/Soleure est l’un des tronçons les plus fréquentés de Suisse, et le boom de la logistique aggrave la situation quotidiennement. Si la concentration maximise l’efficacité pour les entreprises individuelles, elle externalise les coûts sous forme d’embouteillages, de bruit et d’émissions pour la collectivité. C’est un compromis de processus classique : l’optimisation interne d’un secteur entraîne une charge externe pour l’infrastructure publique. L’emplacement stratégique est la base, mais la véritable vitesse naît à l’intérieur des centres. Comprendre cette nécessité géographique est la première étape de l’analyse du système global.

Comment les robots trouvent-ils votre colis plus vite que n’importe quel humain ?

Pénétrer dans un centre logistique moderne, c’est entrer dans un monde d’automatisation orchestrée. La vitesse à laquelle un article spécifique est trouvé parmi des centaines de milliers de produits n’est plus à la portée de l’humain. La solution réside dans les systèmes automatisés de stockage et de préparation de commandes, souvent appelés technologies « Goods-to-Person » (le produit vers la personne). Au lieu que l’employé se rende au rayon, un robot apporte le bon rayon – ou plutôt, le bon bac – à l’employé. L’exemple le plus célèbre de cette technologie est le système AutoStore. Imaginez une immense grille en aluminium remplie jusqu’au plafond de milliers de bacs standardisés. Sur cette grille, des robots plats et rapides fourmillent. Dès que le système reçoit une commande, le logiciel coordonne les robots les plus proches. Ils soulèvent les caisses situées au-dessus du bac cible, creusent rapidement jusqu’au bon bac et le transportent vers un poste de préparation, appelé « Port ». Là, un employé prélève l’article commandé et le robot ramène le bac dans la grille. Ce processus est beaucoup plus rapide et économe en espace que n’importe quel système de rayonnage manuel.
Nahaufnahme eines AutoStore-Robotersystems in Aktion in einem Schweizer Lager
La densité d’automatisation dans les centres logistiques suisses est une réponse directe aux coûts salariaux élevés. Les prestataires logistiques de premier plan comme FIEGE misent sur de telles solutions, comme le confirme Martin Heinrich, responsable de succursale chez FIEGE à Bülach :

Tandis que le rez-de-chaussée sert principalement à stocker des palettes dans des installations de stockage de grande hauteur, FIEGE prévoit un Autostore à l’étage supérieur comme solution d’entrepôt automatisé.

– Martin Heinrich, Directeur de succursale chez FIEGE Bülach
Ces systèmes ne font pas que trouver un colis plus vite ; ils réduisent drastiquement le taux d’erreur et permettent une opération 24h/24 et 7j/7 avec un personnel minimal. Ils sont le cœur battant qui rend possible la vitesse de livraison le lendemain. L’efficacité de l’automatisation est impressionnante, mais elle n’est qu’une partie de l’équation. Un regard attentif sur le fonctionnement de ces systèmes robotiques montre comment la technologie transforme le travail humain.

L’erreur de processus qui rend la destruction des retours moins coûteuse que le réemballage

Le revers de la commande en ligne facile est le retour. Dans l’e-commerce suisse, le taux de retour est énorme. Sur 75,6 millions de colis envoyés récemment, on comptait près de 17,4 millions de retours, soit un taux d’environ 23 %. Chacun de ces retours déclenche un processus coûteux qui révèle une erreur fondamentale dans le système : dans de nombreux cas, la destruction de la marchandise est plus rentable économiquement que sa remise en état. Le processus de traitement des retours nécessite beaucoup de main-d’œuvre. Un employé doit réceptionner le colis, l’ouvrir, vérifier le contenu, évaluer l’état et décider de la suite. Digitec Galaxus fournit un exemple concret : dans son centre de retours de Dintikon, environ 70 % des retours sont encore dans leur emballage d’origine et peuvent être restockés directement. Les 30 % restants nécessitent un examen détaillé : l’article est-il intact ? L’emballage est-il endommagé ? Manque-t-il des accessoires ? Chacune de ces étapes coûte du temps et donc de l’argent – particulièrement cher dans un pays à hauts salaires comme la Suisse. C’est ici qu’intervient le compromis brutal : si les coûts de contrôle, de nettoyage, de réemballage et de restockage dépassent la valeur résiduelle de l’article, l’élimination est la conséquence logique d’une gestion d’entreprise. Le coût moyen d’un retour dans la région DACH se situe entre 5 et 10 euros. Pour un produit à bas prix, la marge est vite épuisée. Une étude de la Poste Suisse montre que 29 % des boutiques en ligne suisses détruisent les marchandises retournées, l’endommagement étant la raison principale (68 %). Ce n’est pas un gaspillage malveillant, mais une décision de processus froide, provoquée par une logistique de sortie optimisée pour une efficacité maximale. Cette fatalité économique est l’un des aspects les plus sombres de l’e-commerce. Comprendre cette erreur critique dans le processus est essentiel pour saisir les coûts réels de la vente en ligne.

Travail à la chaîne ou salaire équitable : quelle est la réalité pour le préparateur ?

Les hubs logistiques du Plateau ne sont pas seulement des géants de béton et d’acier, mais aussi des employeurs importants. Dans la seule région de Härkingen, environ 1500 nouveaux emplois ont été créés ces dix dernières années. Le directeur de la Chambre de commerce de Soleure souligne que chaque cinquième nouvel emploi créé dans le canton de Soleure se trouve dans la logistique. Ces chiffres montrent l’importance économique du secteur, mais mettent aussi en lumière la nature des emplois créés. La réalité pour un employé d’entrepôt, souvent appelé « packer » ou « préparateur de commandes », est marquée par la pression de l’efficacité. Dans les zones non ou partiellement automatisées, le travail est souvent physiquement exigeant et répétitif. La performance est fréquemment mesurée par des indicateurs tels que le nombre de « prélèvements par heure », ce qui revient à une pression de rendement de fait. Le salaire se situe souvent au bas de l’échelle pour la main-d’œuvre non qualifiée, ce qui fait de ce travail une solution temporaire pour beaucoup et maintient une rotation du personnel élevée. Parallèlement, la technologisation croissante ouvre de nouvelles perspectives. Le secteur de la logistique n’est plus seulement un lieu de tâches manuelles simples. De nouveaux profils de métiers et des parcours de carrière émergent, nécessitant plus de qualifications mais offrant aussi de meilleures chances d’évolution. Un début comme ouvrier d’entrepôt ne doit pas être une impasse. Les parcours suivants sont possibles dans la logistique d’entrepôt suisse moderne :
  • Début comme agent d’entrepôt avec des tâches de base comme la préparation et l’emballage.
  • Formation continue de Logisticien CFC pour des tâches de planification et de pilotage plus exigeantes.
  • Évolution vers le poste de coordinateur logistique ou chef d’équipe avec des responsabilités d’encadrement.
  • Spécialisation dans le pilotage et la maintenance de systèmes automatisés en tant que gestionnaire de flotte robotique ou technicien de maintenance.
  • Utilisation des offres de formation continue de l’entreprise pour se qualifier pour des tâches complexes dans la supply chain.
La réalité est donc ambivalente : d’un côté, il y a la pression du traitement de masse rentable, de l’autre, l’automatisation fait naître de nouveaux rôles plus stimulants qui annoncent une transformation des exigences professionnelles dans la logistique. La composante humaine est l’élément souvent ignoré mais critique de la chaîne logistique. L’analyse de la réalité du travail dans les centres de distribution montre la tension entre pression d’efficacité et nouvelles opportunités.

Quand la livraison le jour même est-elle rentable pour une boutique en ligne suisse ?

La livraison le lendemain est la norme, mais la prochaine étape de la spirale de vitesse est la livraison le jour même (Same-Day-Delivery). Pour une boutique en ligne suisse, la décision de proposer ce service premium est un calcul complexe du dernier kilomètre. Ce n’est pas une question de « si », mais de « quand » et de « où ». La faisabilité et la rentabilité dépendent de plusieurs facteurs : la densité géographique des clients, le type de produits et la volonté de payer du groupe cible. La livraison le jour même est avant tout un phénomène urbain. La complexité opérationnelle et les coûts ne sont gérables que dans les zones densément peuplées comme Zurich, Genève, Bâle ou Berne. Ici, des coursiers à vélo ou des services de livraison spécialisés peuvent livrer les colis sur de courtes distances et avec une fréquence élevée. En dehors de ces centres urbains, les coûts par livraison explosent, rendant le service non rentable pour la plupart des boutiques. Un facteur décisif est l’heure limite (cut-off) : pour une livraison le jour même, la commande doit généralement être passée avant le début de l’après-midi, ce qui réduit considérablement la fenêtre temporelle pour le client. La décision pour ou contre le Same-Day-Delivery est un arbitrage stratégique entre le bénéfice client et les coûts d’exploitation. L’analyse suivante montre les différences essentielles par rapport au modèle établi du lendemain.
Livraison le jour même vs lendemain : une analyse coûts-avantages
Critère Livraison le jour même (Same-Day) Livraison le lendemain (Next-Day)
Heure limite de commande Généralement jusqu’à 14h00 Possible jusqu’à minuit
Couverture géographique Uniquement centres urbains (ZH, BS, BE) Couverture nationale possible
Structure des coûts Coûts d’exploitation nettement plus élevés Équilibre entre vitesse et coût
Catégories de produits idéales Médicaments, denrées périssables Large assortiment possible
En fin de compte, la livraison le jour même n’est rentable que pour des niches présentant une urgence élevée ou un argument de service fort. Cela inclut les pharmacies, les services de livraison de repas ou les commerçants de biens de luxe où le supplément pour la livraison express se fond dans le prix total. Pour la grande majorité de l’e-commerce suisse, la livraison le lendemain reste le compromis le plus efficace et le plus économique entre rapidité et coût. Le choix de la vitesse de livraison est une décision stratégique fondamentale. L’analyse de la rentabilité montre que plus vite ne signifie pas toujours mieux ou plus profitable.

Par où commencer la numérisation pour économiser 20 % de coûts en 6 mois ?

Pour les responsables e-commerce qui ne disposent pas des ressources d’Amazon ou de Digitec Galaxus, l’optimisation de la logistique semble souvent un obstacle insurmontable. Pourtant, l’entrée dans la numérisation ne doit pas commencer par la construction d’un entrepôt entièrement automatisé. Des étapes ciblées et pragmatiques peuvent déjà permettre des économies substantielles en peu de temps. La clé est de s’attaquer là où se trouvent les plus grandes inefficacités et les efforts manuels : la gestion des stocks, le processus d’expédition et l’utilisation des données. Un levier central est la mise en œuvre d’un système de gestion d’entrepôt (WMS). Même des solutions WMS simples offrent une vue transparente des stocks en temps réel. Cela évite les surstocks (capital immobilisé) et les situations de rupture de stock (ventes perdues). Un autre gain rapide (Quick-Win) est l’automatisation du processus d’expédition. Via une connexion API aux systèmes des transporteurs comme la Poste Suisse ou DPD, les étiquettes d’expédition et les informations de suivi peuvent être générées automatiquement. Cela élimine la saisie manuelle des données, réduit les erreurs et accélère considérablement le processus d’emballage. La ressource la plus importante, et souvent la moins exploitée, réside dans vos propres données. L’analyse des données de commande permet de détecter des modèles utilisables pour des prévisions de demande plus précises. Cela conduit à un stockage optimisé et réduit la nécessité de réapprovisionnements express coûteux auprès des fournisseurs. Chacune de ces étapes réduit les coûts de processus qui s’additionnent rapidement. Pour faciliter le démarrage, nous avons élaboré un plan concret.

Votre plan pour la numérisation logistique

  1. Mise en œuvre d’un WMS : Commencez par un système de gestion d’entrepôt pour optimiser les stocks et réduire les recherches manuelles.
  2. Connexion API aux transporteurs : Connectez votre système à la Poste ou DPD pour des étiquettes et un suivi automatiques, afin de gagner du temps et de minimiser les erreurs.
  3. Utilisation des données de commande : Analysez les données de vente pour créer des prévisions de demande plus précises et optimiser le stockage.
  4. Optimisation des données de base : Assurez-vous que le poids et les dimensions de tous les articles sont saisis correctement. C’est la base d’un calcul automatique exact des frais de port.
  5. Examen des programmes de soutien : Renseignez-vous sur les initiatives cantonales de numérisation et le soutien d’Innosuisse pour réduire les coûts d’investissement.
Le point de départ de la numérisation n’est pas une question de budget, mais de priorité stratégique. En vous concentrant sur l’élimination des plus gros dévoreurs de temps manuels, vous pouvez réaliser rapidement des gains d’efficacité et des économies significatives. La mise en œuvre de ces mesures est la première étape vers la professionnalisation. Une approche systématique de la numérisation jette les bases de la croissance future.

Comment l’automation est-elle rentable dès la taille de lot 1 pour les sous-traitants suisses ?

Les coûts salariaux élevés en Suisse sont le moteur décisif de l’automatisation en logistique. Si l’automatisation se justifie facilement pour le traitement de masse de produits identiques, la question de la rentabilité se pose pour les petites commandes, voire pour la taille de lot 1 – c’est-à-dire un seul article préparé individuellement. Traditionnellement, cela était considéré comme le domaine du travail manuel. Pourtant, les systèmes logistiques modernes prouvent le contraire : l’automatisation est rentable précisément ici. La raison réside dans la flexibilité des systèmes « Goods-to-Person » comme AutoStore. Comme chaque article est stocké dans un bac séparé et standardisé, il est indifférent pour le robot d’apporter dix fois le même article ou dix articles différents l’un après l’autre au poste de préparation. Le processus reste identique et la vitesse élevée. Pour les sous-traitants suisses ou les boutiques e-commerce avec un assortiment très large et hétérogène, c’est un changement de donne radical. Au lieu de consacrer un temps de travail coûteux à chercher des pièces individuelles dans de vastes entrepôts, le système automatisé s’en charge en quelques secondes.

Étude de cas FIEGE Bülach : Automatisation sur deux étages pour une flexibilité maximale

Dans le nouveau centre logistique de FIEGE à Bülach, cette stratégie est mise en œuvre sur deux étages. Le rez-de-chaussée abrite un entrepôt classique à hauts rayonnages pour le stockage efficace de palettes entières. À l’étage supérieur, en revanche, un système AutoStore est installé pour le stockage de petites pièces et le traitement des commandes allant jusqu’à la taille de lot 1. Cette solution à deux niveaux sur 17 000 mètres carrés permet de traiter aussi bien de gros volumes que des commandes très flexibles et fragmentées avec une automatisation maximale et un personnel minimal – une réponse directe aux coûts salariaux suisses élevés.
Cette densité d’automatisation élevée est imposée par la pression économique. Comme le constatent les experts du secteur dans une analyse de la logistique suisse, les coûts salariaux sont le facteur primaire qui stimule les investissements dans la robotique et les logiciels. L’automatisation n’est donc plus une option, mais une nécessité pour rester compétitif sur le marché suisse, particulièrement pour le traitement de commandes complexes et de petite taille. La capacité à traiter efficacement même les plus petites commandes est un avantage concurrentiel décisif. La rentabilité de l’automatisation dès le lot 1 est la preuve de l’adaptabilité de la logistique moderne.
L’essentiel en bref
  • La vitesse de livraison le lendemain repose sur l’extrême concentration géographique des centres logistiques sur l’axe A1 dans le Plateau.
  • Les systèmes robotiques modernes (« Goods-to-Person ») sont la clé de l’efficacité en entrepôt, car ils réduisent drastiquement le temps de préparation.
  • Les coûts de processus élevés pour le traitement des retours en Suisse font que la destruction des marchandises est souvent plus économique que leur remise en état.

Pourquoi le transit ferroviaire à travers la Suisse est-il incontournable pour les logisticiens ?

Alors que le camion est le symbole visible de la logistique sur la route, le rail joue un rôle tout aussi crucial, bien que souvent plus invisible. Face à l’A1 chroniquement surchargée et aux cadres politiques tels que l’interdiction de circuler la nuit et le dimanche pour les camions, le transport ferroviaire de marchandises n’est pas une option, mais une nécessité impérative pour les logisticiens suisses. C’est le deuxième pilier de la colonne vertébrale logistique et il est essentiel à la stabilité de l’ensemble du système. Les grands centres de distribution du Plateau ne sont pas seulement reliés à l’autoroute, ils sont presque toujours connectés au réseau ferroviaire. Cela permet de déplacer efficacement de grandes quantités de marchandises entre les régions du pays, indépendamment des embouteillages. Un exemple parfait est le centre de distribution Migros à Neuendorf : là-bas, un impressionnant 42 % du trafic de marchandises est assuré par le rail, l’entreprise disposant de ses propres voies ferrées et locomotives. Cela déleste non seulement la route, mais assure aussi l’exploitation pendant les périodes d’interdiction de circuler des camions. Le transport combiné non accompagné (TCNA) est particulièrement important. Dans ce système, des conteneurs entiers ou des semi-remorques sont chargés sur des trains de marchandises dans des terminaux. Le train assure le trajet principal, par exemple de la Suisse romande vers la Suisse orientale. Au terminal de destination, la remorque est rechargée sur un camion qui assure ensuite la distribution fine sur le dernier kilomètre. Ce système combine la force du rail sur les longues distances avec la flexibilité du camion sur les courtes distances et constitue la clé pour contourner les bouchons et les interdictions de circuler. Sans le rail, la promesse de livraison le lendemain ne pourrait être tenue sous sa forme actuelle. Le rail est le partenaire silencieux de la route. Une compréhension approfondie de pourquoi le transit ferroviaire est incontournable complète le tableau de la machine logistique suisse. Pour maximiser l’efficacité de votre propre chaîne d’approvisionnement, une analyse précise de vos processus est indispensable. Commencez par identifier les facteurs de coûts dans votre stockage et votre expédition, et évaluez où les solutions numériques offrent le plus grand levier.

Questions et réponses sur la logistique suisse

Pourquoi l’axe A1 est-il si important pour la logistique ?

La raison principale est la connexion routière. De là, les camions atteignent rapidement Bâle, Berne, Lucerne et Zurich par l’autoroute. La Suisse romande est également relativement proche.

Quel rôle joue le rail dans le transport de marchandises ?

Le nœud ferroviaire d’Olten est proche, ce qui permet aux marchandises de circuler rapidement par train dans toute la Suisse. Cela permet de contourner les bouchons et les interdictions de circuler, notamment la nuit.

Qu’est-ce que le transport combiné non accompagné ?

Des conteneurs ou des semi-remorques sont chargés sur des trains dans des terminaux, puis rechargés sur des camions pour la distribution finale, afin d’éviter les embouteillages et les restrictions de circulation.