Contrairement à l’idée reçue selon laquelle la sécurité ferroviaire repose uniquement sur une technologie automatisée, il s’agit en réalité d’un processus hautement dynamique. En tant que chefs de circulation, nous opérons constamment à la limite du système. La sécurité absolue dans l’horaire cadencé dense de la Suisse n’est pas garantie par des règles rigides, mais par l’équilibre permanent entre capacité maximale, maintenance prédictive et l’expertise humaine cruciale face aux événements imprévus.

Quiconque voyage régulièrement en train en Suisse connaît ce sentiment d’évidence. Le train part à l’heure, glisse en douceur sur les aiguillages et à travers les tunnels, et arrive précisément à destination. Derrière cela se cache l’un des réseaux ferroviaires les plus denses et les plus sollicités au monde. L’hypothèse courante est que tout cela fonctionne de manière entièrement automatique, comme une horlogerie parfaite composée d’ordinateurs et de signaux. On entend parler de systèmes modernes de protection des trains et l’on pense que la technique a pris le contrôle total.

Pourtant, la réalité dans un centre d’exploitation comme celui de Berne est plus complexe. La sécurité absolue n’est pas un état statique programmé une fois pour toutes. C’est un processus ininterrompu et hautement concentré de pesée des intérêts, de priorisation et de décision – souvent sous une pression temporelle énorme. Mon quotidien de chef de circulation est un équilibre permanent à la limite du système, là où l’horaire cadencé serré rencontre les lois de la physique et les limites de la technique. Le véritable art ne consiste pas à suivre un plan, mais à s’en écarter de manière contrôlée lorsque la réalité l’exige, sans compromettre la sécurité d’un seul millimètre.

Cet article vous emmène derrière les écrans du centre de contrôle. Nous analyserons les systèmes qui arrêtent un mécanicien de locomotive endormi, nous comprendrons la logique derrière la régulation des priorités, nous examinerons les défis de la maintenance « sous les roues » et nous mettrons en lumière la composante humaine qui fait la différence au moment crucial.

Pourquoi l’ordinateur freine-t-il automatiquement le train si le mécanicien s’endort ?

L’idée d’un train sans conducteur est empêchée par une philosophie de sécurité à plusieurs niveaux. Le niveau le plus élémentaire est le contrôle de vigilance, souvent appelé « dispositif de l’homme mort ». Le mécanicien doit actionner une touche ou une pédale à intervalles réguliers. En l’absence de cette action, une alerte retentit et, peu après, un freinage d’urgence est automatiquement déclenché. Mais dans le trafic cadencé dense de la Suisse, en particulier sur les tronçons à grande vitesse, cette mesure réactive ne suffit pas. C’est ici que commence le domaine de la protection proactive des trains.

L’épine dorsale de la sécurité moderne est le Système européen de contrôle des trains (ETCS). Il agit comme une surveillance numérique permanente. Le système de protection des trains ETCS Level 2, tel qu’il est utilisé par exemple dans le tunnel de base du Saint-Gothard, ne surveille pas seulement le mécanicien, mais le train lui-même. Chaque train signale en continu sa position exacte et sa vitesse au centre de gestion de la ligne, le Radio Block Center (RBC), via le réseau de téléphonie mobile ferroviaire GSM-R. En retour, celui-ci délivre une « Movement Authority » (autorisation de mouvement) valable précisément jusqu’au point où le train peut s’arrêter en toute sécurité – que ce soit devant un signal, un autre train ou un chantier. Si le mécanicien ignore une réduction de vitesse ou un signal d’arrêt, l’ETCS intervient et freine le train automatiquement et de manière forcée, bien avant qu’une situation dangereuse ne survienne.

Moderne Zugsicherung mit ETCS-Technologie im Führerstand

Ce système crée une bulle de sécurité numérique autour de chaque train. Au lieu de se fier uniquement à des signaux ponctuels sur la voie que le mécanicien doit voir et interpréter, la vitesse autorisée est affichée en continu dans la cabine de conduite et surveillée par la technique. La tâche humaine passe de la simple conduite à la surveillance d’un système hautement automatisé, la responsabilité finale et la capacité d’intervenir en cas d’événements imprévus restant aux mains de l’homme.

Train de marchandises ou Intercity : qui a la priorité quand la voie devient étroite ?

La question de la priorité sur le réseau ferroviaire ne se résout pas par une règle simple comme « le transport de voyageurs avant le fret ». La réalité est une matrice complexe composée de l’horaire, du type de ligne et de l’importance stratégique. En tant que chef de circulation, j’applique un ensemble de règles permettant une priorisation dynamique. Un train de marchandises à l’heure, desservant une chaîne logistique importante, peut tout à fait avoir la priorité sur un Intercity légèrement en retard pour éviter des retards en cascade sur l’ensemble du réseau.

La priorisation de base est fixée dans les prescriptions d’exploitation et dépend fortement des caractéristiques d’une ligne. L’horaire cadencé dense de la Suisse est si étroitement tissé que chaque écart peut déclencher une cascade. Ma tâche est de briser cette cascade. Sur mon écran, je ne vois pas seulement des trains, mais des conflits pronostiqués. Un Intercity doit-il dépasser un train de marchandises ? Où se trouve la prochaine voie de dépassement ? L’attente du train de marchandises bloque-t-elle un train régional qui suit ? Ces décisions doivent être prises en quelques secondes.

Le tableau suivant illustre comment les priorités varient selon l’orientation stratégique de la ligne, notamment dans le contexte des NLFA (Nouvelles Lignes Ferroviaires à travers les Alpes).

Priorisation par type de ligne selon l’exemple de l’axe du Saint-Gothard
Ligne Priorité Vitesse Particularité
Tunnel de base du Gothard Trafic mixte optimisé jusqu’à 250 km/h Jusqu’à 2 trains de voyageurs et 5 de marchandises par heure et par sens
Ligne de faîte du Gothard Fret si nécessaire jusqu’à 80 km/h Reste en service en parallèle du tunnel de base
Corridor NLFA global Fret stratégique variable Axe Rotterdam-Gênes

Cette structure montre que le tunnel de base du Saint-Gothard a été explicitement conçu pour un trafic mixte optimisé, ce qui souligne la haute importance stratégique du transport de marchandises. L’ancienne ligne de faîte sert de redondance importante et d’extension de capacité, surtout pour le fret. C’est un équilibre permanent que d’orchestrer les différentes vitesses et schémas d’arrêt des trains de voyageurs et de marchandises pour atteindre la capacité maximale de l’infrastructure avec une ponctualité optimale pour tous.

Comment remplace-t-on les rails alors que les trains de marchandises circulent encore la nuit ?

L’idée que le réseau ferroviaire se repose la nuit est une illusion. C’est précisément à ce moment-là qu’une grande partie du trafic de marchandises circule. Les créneaux horaires pour les travaux de maintenance sont extrêmement courts et doivent être planifiés minutieusement. Des fermetures massives s’étalant sur des semaines sont quasiment impossibles sur le réseau suisse à cadence serrée. La solution réside dans une stratégie basée sur la maintenance prédictive et des interventions d’une précision chirurgicale, plutôt que d’attendre de grosses réparations.

D’innombrables capteurs sont installés le long des voies. Ils surveillent l’état des aiguillages, des signaux et de l’alimentation électrique. Des véhicules de diagnostic spécialisés scannent la plate-forme de la voie par laser et ultrasons pour détecter des fissures ou des déformations bien avant qu’elles ne soient visibles à l’œil humain ou dangereuses pour un train. Un rôle central est joué par le fait que ces systèmes détectent et signalent automatiquement les dérangements sur les trains et sur le réseau. Ces données convergent vers le centre d’exploitation et permettent de planifier de manière ciblée les interventions de maintenance. Au lieu de fermer toute une ligne, une équipe est envoyée de nuit pendant quelques heures sur un tronçon de voie exactement défini pour remplacer un chauffage d’aiguillage ou meuler une section de rail.

Gleisbauarbeiten bei Nacht mit Spezialmaschinen

La dimension de cette tâche est colossale. Rien que le passage à la nouvelle technologie ETCS signifie que la protection des trains sera remplacée sur environ 11 000 points de signalisation dans tout le pays au cours des prochaines années. De tels projets d’envergure sont divisés en d’innombrables petits paquets de travaux nocturnes. Pour nous, au centre de contrôle, cela signifie que nous devons intégrer ces chantiers comme des trains dans l’horaire, fermer les voies concernées pour des durées précises et dévier le trafic en toute sécurité. Dès que le créneau se referme, la ligne doit être à nouveau pleinement opérationnelle pour le trafic pendulaire du matin.

Le risque de blackout : d’où vient le courant quand tous les trains démarrent en même temps ?

L’approvisionnement en énergie des chemins de fer suisses est l’un des plus grands défis de l’exploitation quotidienne. Il ne s’agit pas seulement d’avoir du courant, mais de le mettre à disposition au bon moment, en quantité suffisante et au bon endroit. Sur le réseau CFF, selon les données d’exploitation des infrastructures CFF, plus de 11 000 trains circulent quotidiennement. Le moment le plus critique est le courant de démarrage : lorsque des centaines de trains démarrent simultanément lors de l’heure de pointe du matin, une immense pointe de charge temporaire se crée, poussant le réseau à sa limite.

Pour gérer ce risque, les CFF exploitent leur propre réseau haute tension, largement indépendant du réseau public. Celui-ci est alimenté par leurs propres centrales hydroélectriques ainsi que par des stations de conversion qui transforment le courant du réseau public 50 Hz en courant ferroviaire 16,7 Hz nécessaire. La mesure de sécurité décisive est la redondance multiple. Chaque tronçon de ligne peut être alimenté par au moins deux sous-stations différentes. Si l’une tombe en panne, le basculement vers l’autre se fait automatiquement et sans interruption. En tant que chef de circulation, je vois l’état de l’alimentation électrique sur mes écrans. En cas de panne, je coordonne les commutations avec les spécialistes de l’énergie et j’adapte l’exploitation ferroviaire pour ne pas surcharger le réseau restant.

Un blackout complet du réseau électrique ferroviaire est donc extrêmement improbable, mais pas impossible. Pour ce cas de figure, des concepts d’urgence existent. La priorité est l’évacuation des trains immobilisés dans les tunnels. Cela se fait avec des locomotives de sauvetage diesel-électriques qui peuvent opérer indépendamment du courant de la ligne de contact. Le plus grand défi lors d’une panne de courant n’est pas le danger immédiat, mais le redémarrage coordonné et sûr de l’ensemble du système – un processus complexe qui peut durer des heures et où chaque train doit recevoir individuellement une autorisation de mouvement pour éviter une nouvelle surcharge.

Test psychologique et simulator : pourquoi 30 % échouent-ils à l’examen d’aptitude ?

Le taux d’échec élevé à l’examen d’aptitude pour devenir chef de circulation (régulateur de trafic ferroviaire) a une raison simple : le poste exige une combinaison rare de capacités cognitives et de résistance psychique. La technique, aussi avancée soit-elle, n’est qu’un outil. En cas de dérangement, lorsque le plan automatisé ne fonctionne plus, l’humain est l’instance finale et décisive. Comme le décrit Jakob Arca, chef de brigade au Centre d’exploitation Centre, il a huit écrans devant lui pour suivre le réseau ferroviaire en direct. Ce flux d’informations doit être traité en temps réel et traduit en décisions sûres.

Le test d’aptitude psychologique filtre les candidats qui ont tendance à faire des erreurs sous une forte pression décisionnelle. Dans le simulateur, des situations extrêmes sont pratiquées : un défaut d’aiguillage à l’heure de pointe, un appel d’urgence provenant d’un train, une panne de courant soudaine. C’est là que l’on voit qui garde son calme, définit les priorités de manière systématique et communique clairement. Il ne s’agit pas de connaître l’horaire par cœur, mais de créer un nouveau plan sûr lors d’événements imprévus. La capacité de multitâche est tout aussi cruciale qu’une haute tolérance à la frustration. Une petite erreur peut déclencher une réaction en chaîne de retards dans tout le pays. Avec environ 130 000 pannes par an sur le réseau suisse, la résistance au stress n’est pas une option, mais une compétence clé.

La formation est conçue pour aiguiser précisément ces capacités. La complexité du système ne pardonne aucun manque de concentration. Un chef de circulation doit être capable de traduire un système abstrait de lignes et de chiffres sur son écran en une réalité faite de milliers de tonnes d’acier et de centaines de vies humaines.

Check-list des compétences clés pour les chefs de circulation

  1. Capacité multitâche : surveillance simultanée de plusieurs trains et tronçons sur de nombreux écrans.
  2. Résistance au stress : réaction calme et méthodique lorsque des dérangements peuvent entraîner des retards massifs dans toute la Suisse.
  3. Prise de décision rapide : capacité à trouver la solution la plus sûre et la plus efficace parmi 130 000 pannes annuelles.
  4. Compétences en communication : coordination précise et sans équivoque entre les mécaniciens, les équipes de maintenance et les autres centres d’exploitation.
  5. Compréhension technique : maîtrise souveraine des systèmes de commande complexes comme le système de gestion ILTIS.

Systèmes propriétaires ou standards ouverts : qu’est-ce qui rend votre Smart Home suisse pérenne ?

On peut considérer le réseau ferroviaire suisse comme le système intelligent (« Smart System ») le plus grand et le plus critique du pays. À l’instar d’une Smart Home, la question fondamentale de la stratégie technologique se pose ici : mise-t-on sur des systèmes fermés et propriétaires d’un fabricant ou sur des standards ouverts et interopérables ? Les CFF ont clairement choisi la seconde voie, car seuls les standards ouverts garantissent la sécurité à long terme, la compétitivité et la pérennité.

Le cœur de cette stratégie est l’introduction de l’ETCS Level 2 dans toute la Suisse. Il ne s’agit pas d’un produit propre aux CFF, mais d’un standard défini au niveau européen. Comme le soulignent les CFF dans un communiqué, cette technologie standardisée présente de nombreux avantages : « Outre une simplification de l’accès au réseau et du trafic transfrontalier avec l’Europe, elle pose les bases d’une augmentation de la sécurité, de la capacité et de la fiabilité. » Cette interopérabilité est cruciale pour la Suisse en tant que pays de transit au cœur de l’Europe. Un ICE allemand ou un train de marchandises italien peuvent circuler sans encombre sur le réseau suisse grâce à l’ETCS, sans adaptations techniques coûteuses.

En s’engageant sur un standard ouvert, les CFF évitent également le « Vendor Lock-in », c’est-à-dire la dépendance dangereuse vis-à-vis d’un seul fournisseur. La modernisation du réseau se fait en collaboration avec différents partenaires industriels comme Siemens et Thales. Cela favorise la concurrence, réduit les coûts et garantit l’accès aux innovations. Pour le centre d’exploitation, cela signifie que nous pouvons compter sur des concepts de commande et des interfaces uniformes, quels que soient les trains qui circulent sur les lignes. Cette standardisation est la base de l’automatisation et de l’efficacité qui rendent possible l’horaire cadencé dense.

Le risque de dommages aux voies quand l’horaire dense laisse peu de temps pour les réparations

L’horaire cadencé dense est une arme à double tranchant. D’une part, il témoigne de l’efficacité du système ferroviaire suisse, d’autre part, la charge élevée entraîne une usure accélérée de l’infrastructure. Chaque essieu qui roule sur un rail exerce une pression énorme. Avec plus de 11 000 trains par jour, cela s’ajoute à une fatigue matérielle colossale. Le plus grand risque réside ici dans la tension entre une utilisation maximale et des créneaux temporels minimaux pour la maintenance. C’est un combat permanent contre le temps et l’usure des matériaux.

Les conséquences dévastatrices d’une rupture de cet équilibre ont été illustrées de manière dramatique par le déraillement d’un train de marchandises dans le tunnel de base du Saint-Gothard le 10 août 2023. L’incident a entraîné une fermeture partielle de plusieurs mois du tunnel de transit alpin le plus important et a causé, selon les estimations, un montant de dommages de 100 à 130 millions de francs. Au lieu d’une simple réparation, plus de sept kilomètres de voie ont dû être entièrement renouvelés, incluant les rails, les traverses et la dalle de voie elle-même. Un tel incident paralyse non seulement une partie du trafic national, mais a des répercussions massives sur le flux de marchandises européen.

Ce cas souligne la nécessité d’une stratégie de maintenance proactive s’appuyant sur les données. Il ne suffit pas de réagir aux dommages. Les CFF investissent massivement dans des technologies de surveillance qui détectent précocement les anomalies sur le matériel roulant et l’infrastructure. Des capteurs sur les voies mesurent les forces exercées par les trains qui passent et donnent l’alerte si une roue ou un wagon présente des valeurs suspectes. Seule cette analyse prédictive permet de minimiser le risque de dommages aux voies sans compromettre la cadence serrée. C’est une marche constante sur la corde raide, à la limite de la résistance des matériaux.

L’essentiel en bref

  • La sécurité n’est pas un état statique, mais un processus dynamique équilibré à la limite du système entre capacité et tolérance zéro erreur.
  • L’humain dans le centre de contrôle n’est pas le point faible, mais l’instance flexible décisive qui interprète les données et prend le contrôle en cas de dérangement.
  • Les standards ouverts et interopérables comme l’ETCS sont l’épine dorsale technologique qui assure la sécurité et la capacité du réseau suisse pour l’avenir.

Comment le tunnel de base du Saint-Gothard modifie-t-il le flux de marchandises entre le Nord et le Sud ?

Le tunnel de base du Saint-Gothard (GBT) est bien plus qu’une simple liaison rapide pour les voyageurs se rendant au Tessin. Il est le cœur de la Nouvelle Ligne Ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) et a fondamentalement modifié la géographie du transport de marchandises européen. Grâce à son tracé plat, le GBT permet l’utilisation de trains de marchandises plus longs, plus lourds et plus rapides. Cela réduit non seulement le temps de trajet, mais augmente la capacité et réduit considérablement la consommation d’énergie par tonne transportée. Le tunnel fait office de bypass performant, contournant le passage alpin traditionnel, sinueux et escarpé.

Les chiffres prouvent cette transformation de manière impressionnante. Même pendant l’exploitation restreinte après le déraillement de 2023, les trains de SBB Cargo ont transporté, selon les données de l’entreprise, plus de 5,5 millions de tonnes nettes de marchandises à travers le tunnel et par la ligne de faîte. Avec la remise en service complète en septembre 2024, cette capacité augmentera encore, cimentant la position de la Suisse en tant que plaque tournante centrale du corridor Nord-Sud entre Rotterdam et Gênes. Le tunnel permet un transfert du transport de marchandises de la route vers le rail, un objectif politique central de la Suisse.

Pour nous, au centre d’exploitation, le GBT représente une nouvelle dimension de la gestion du trafic. La coordination du trafic mixte composé de trains de voyageurs à grande vitesse (jusqu’à 250 km/h) et de trains de marchandises (généralement autour de 100 km/h) sur la même ligne exige une planification extrêmement précise. Le fret étant une activité internationale, des mesures au niveau européen sont indispensables. La taskforce chargée d’enquêter sur l’accident de 2023 a défini des mesures pour accroître la sécurité du matériel roulant et réduire ainsi le risque pour l’infrastructure. La sécurité et l’efficacité du GBT sont donc une responsabilité partagée qui dépasse largement les frontières suisses.

L’interaction complexe entre une technique de pointe, des processus rigoureux et un personnel hautement qualifié garantit la sécurité sur le réseau ferroviaire suisse. Pour élever la performance de votre exploitation à un niveau similaire, une analyse détaillée de vos propres processus de sécurité est la prochaine étape logique.