Le débat sur l’accord-cadre occulte l’essentiel : la plus grande menace pour la place économique suisse n’est pas Bruxelles, mais sa propre complaisance.

  • L’autonomie réglementaire, comme la reconnaissance des homologations américaines, devient un avantage stratégique décisif.
  • Des instruments de promotion ciblés, tels que la Patent Box, compensent la perte des anciens privilèges fiscaux et renforcent la capacité d’innovation.

Recommandation : Les investisseurs devraient moins se focaliser sur les négociations avec l’UE et davantage sur la capacité de la Suisse à dominer proactivement des niches et sur son agilité réglementaire.

Les discussions sur l’attractivité de la place économique suisse sont presque exclusivement menées à travers le prisme des relations avec l’Union européenne. L’incertitude concernant un accord-cadre est souvent présentée comme un risque existentiel qui paralyse les investissements et mine la compétitivité. D’innombrables analyses soulignent l’importance d’un accès complet au marché unique de l’UE, et l’absence d’accord est dépeinte comme un scénario sombre pour une nation exportatrice comme la nôtre. L’accent est mis sur les pertes potentielles, les inconvénients et la menace d’isolement. Cette focalisation est compréhensible, mais elle est dangereusement unilatérale et masque une vérité bien plus importante.

Et si cette situation d’impasse n’était pas une fin, mais un commencement ? Si le blocage avec Bruxelles était moins une menace qu’un signal d’alarme nécessaire ? Cette perspective déplace l’attention de ce que nous pourrions perdre vers ce que nous devons construire activement. La situation actuelle oblige la Suisse à se concentrer sur ses forces intrinsèques, souvent considérées comme acquises, et à les développer de manière proactive. Il ne s’agit plus seulement de défendre le statu quo, mais de développer une nouvelle forme de compétitivité plus robuste – une forme basée sur l’autonomie réglementaire, la créativité fiscale et une dominance incontestée dans des niches mondiales. Cet article soutient que le véritable défi ne réside pas à Bruxelles, mais dans notre capacité à exploiter systématiquement ces atouts.

Dans les sections suivantes, nous analysons comment cette réorientation stratégique se manifeste déjà aujourd’hui dans des secteurs clés. Nous examinons les instruments concrets utilisés par les cantons, les sources de financement de nos entreprises hautement innovantes et les dangers réels qui ne viennent pas de l’extérieur, mais de l’intérieur.

Que signifie la perte de l’équivalence pour la bourse suisse et les technologies médicales ?

La fin de l’équivalence boursière en 2019 a été prophétisée par beaucoup comme le début de la fin pour la place financière suisse. On craignait une fuite massive de liquidités vers les bourses de l’UE et une marginalisation rampante de la SIX Swiss Exchange. Pourtant, c’est le contraire qui s’est produit. Le Conseil fédéral a réagi par une mesure de protection interdisant le négoce d’actions suisses sur les bourses de l’UE, ramenant avec succès la liquidité en Suisse. Le résultat est un témoignage impressionnant de résilience : malgré l’absence d’accord-cadre, le volume de transactions sur la SIX a atteint 1187 milliards de francs en 2024, soit une augmentation de 13,4 % par rapport à l’année précédente. Cela démontre qu’un marché des capitaux souverain et robuste peut prospérer même sans équivalence formelle.

Schweizer Börse als autonomer Finanzplatz

Le secteur des technologies médicales (Medtech) offre un exemple encore plus frappant des opportunités liées à l’autonomie réglementaire. Après l’échec de l’accord-cadre, la Suisse a perdu son accès fluide au marché de l’UE pour les nouveaux dispositifs médicaux. Au lieu de rester passive, la politique a pris un virage stratégique : en 2024, le Conseil fédéral a décidé d’autoriser de manière simplifiée les produits certifiés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Cette décision pragmatique est un changement de paradigme. Une étude montre que déjà plus de 20 % des entreprises Medtech suisses demandent leur première homologation aux États-Unis plutôt que dans l’UE, car le processus américain est souvent plus rapide et prévisible. Cela renforce non seulement la sécurité de l’approvisionnement en Suisse, mais positionne également le pays comme une tête de pont entre les deux espaces réglementaires les plus importants au monde.

Comment les cantons comme Zoug compensent-ils la perte de leur privilège fiscal pour les multinationales ?

La pression internationale, menée par l’OCDE, a mis fin à l’ère des privilèges fiscaux forfaitaires pour les sociétés à statut en Suisse. Pour les cantons à fiscalité élevée comme Genève, cela a été un défi, mais pour les cantons agiles et déjà fiscalement attractifs comme Zoug, ce fut l’occasion de fonder leur attractivité sur une base nouvelle et plus durable. La réponse ne réside plus dans des rabais forfaitaires, mais dans une créativité fiscale intelligente. L’instrument central est la « Patent Box », un outil accepté internationalement qui réduit massivement l’imposition des revenus issus de la propriété intellectuelle.

Le canton de Zoug a utilisé cet instrument de main de maître pour cimenter sa position de hub leader pour les entreprises axées sur l’innovation. Avec une réduction d’impôt de 90 % sur les revenus de brevets, Zoug offre l’une des réglementations les plus attractives de Suisse. Cela envoie un signal clair aux départements de recherche et développement ainsi qu’aux entreprises technologiques : l’innovation réalisée en Suisse et menant à des brevets ici est massivement récompensée fiscalement. Cela ne compense pas seulement la perte des anciens privilèges, mais crée une incitation ciblée pour implanter et conserver dans le canton une valeur ajoutée de haute qualité et les emplois qui y sont liés.

Ce passage d’incitations générales à des incitations spécifiques est crucial. Il montre que la Suisse adapte sa politique fiscale aux normes internationales sans renoncer à sa compétitivité fondamentale. Comme le souligne Swiss Medtech dans une étude :

La Suisse possède un écosystème unique comprenant de grandes entreprises, de nombreuses PME, des hautes écoles renommées et des spin-offs innovantes, que beaucoup de pays nous envient.

– Swiss Medtech, Étude sectorielle Medtech 2024

La créativité fiscale est le carburant qui fait tourner cet écosystème et rend attractif pour les groupes mondiaux le fait de gérer leurs « joyaux de la couronne » – leurs brevets et licences – en Suisse.

Innosuisse ou privé : d’où vient l’argent pour la prochaine invention révolutionnaire ?

L’une des plus grandes forces de la Suisse est sa capacité à transformer la recherche scientifique fondamentale en produits commercialement performants. Ce processus est gourmand en capital et risqué, particulièrement dans les secteurs de la Deep-Tech et de la Medtech. La question du financement est donc centrale pour la viabilité future de la place économique. La réponse réside dans une interaction finement équilibrée entre financements publics et privés, presque unique sous cette forme. C’est un système qui, malgré les barrières réglementaires, a permis une croissance impressionnante, comme en témoigne le chiffre d’affaires du secteur Medtech suisse de 23,4 milliards de francs en 2023, soit une hausse de 6 % depuis 2021.

Le voyage d’une invention de l’université au marché se décompose typiquement en plusieurs phases :

  1. Recherche fondamentale : Commence souvent dans les hautes écoles comme l’ETH Zurich ou l’EPFL, financée par le Fonds national et d’autres fonds publics.
  2. Réduction des risques : Innosuisse, l’agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, joue ici un rôle clé. Elle finance des projets orientés vers l’application afin de réduire le risque technique et commercial à un niveau tel que les investisseurs privés acceptent d’entrer en jeu.
  3. Financement d’amorçage (Seed) : Dès qu’une « preuve de concept » existe, les investisseurs en capital-risque (VC) suisses et les family offices prennent le relais. Ils fournissent le premier capital important pour la construction de l’entreprise.
  4. Expansion internationale : Dans cette phase, des capitaux sont levés pour la mise à l’échelle et l’entrée sur les marchés mondiaux, comme les États-Unis. L’homologation FDA est souvent une étape décisive ici.
  5. Rounds de croissance (Série A/B) : Des investisseurs internationaux rejoignent alors le projet pour faire de l’entreprise un acteur mondial.

Cet écosystème n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une stratégie délibérée où l’État agit comme catalyseur et non comme investisseur principal. Innosuisse « dérisque » l’innovation pour le secteur privé, créant ainsi un pipeline de start-ups de haute qualité. Cette symbiose est le moteur qui maintient la Suisse au sommet mondial de l’innovation et garantit que, demain encore, des inventions révolutionnaires partiront d’ici pour conquérir le monde.

L’erreur dans les pratiques de création d’entreprise qui pousse l’innovation à l’étranger

Malgré l’excellence de l’écosystème de recherche et de financement, une faille significative subsiste dans le système suisse : une pratique de création d’entreprise de plus en plus complexe et fragmentée. Alors que nous brillons au niveau macro avec des instruments comme la Patent Box, nous risquons au niveau micro de perdre nos talents et nos idées les plus précieux à cause des obstacles bureaucratiques. C’est ici que le ton d’avertissement est de mise : le plus grand ennemi de notre innovation n’est pas l’UE, mais notre propre inertie administrative.

Un exemple est la Patent Box déjà mentionnée. Bien qu’elle soit un outil puissant, son attractivité varie considérablement d’un canton à l’autre, créant une mosaïque complexe, comme le montre une analyse comparative récente.

Attractivité de la Patent Box par canton
Canton Réduction Patent Box Déduction R&D supp. Limitation de l’allégement
Zoug 90% Oui (50%) 70%
Bâle-Ville 90% Non 70%
Zurich 90% Oui (50%) 70%
Genève 90% Oui (50%) 50%

Ces différences cantonales ne sont que la pointe de l’iceberg. Les fondateurs sont confrontés à un labyrinthe d’autorisations, d’exigences réglementaires divergentes et de processus fastidieux. Le président de Swiss Medtech, Damian Müller, a résumé cette absurdité en décrivant la situation paradoxale des dispositifs médicaux :

De nombreux produits Medtech suisses ont été développés et produits en Suisse, mais n’ont pu être mis à disposition des patients suisses jusqu’à présent en raison d’entraves réglementaires – c’est absurde.

– Damian Müller, Président de Swiss Medtech

Ce « facteur de friction » est extrêmement dangereux. S’il est plus facile de créer une entreprise au Delaware (USA) et de servir le marché mondial – y compris la Suisse – depuis là-bas, les meilleurs fondateurs le feront. Ils développent l’idée à l’ETH, mais la valeur ajoutée et les recettes fiscales partent à l’étranger. Il est donc impératif d’harmoniser et d’accélérer les processus administratifs pour les start-ups à l’échelle nationale.

Quand une pénurie d’électricité obligera-t-elle l’industrie à réduire sa production ?

La stabilité politique et l’attractivité fiscale ne sont que deux piliers de la place économique. Un troisième pilier, souvent considéré comme allant de soi mais de plus en plus critique, est la sécurité d’approvisionnement, en particulier dans le domaine de l’énergie. Pour les industries énergivores – de la chimie à la pharma en passant par les centres de données – la question de la disponibilité et du coût de l’électricité est d’une importance existentielle. Une potentielle pénurie d’électricité, telle qu’elle a été intensément discutée ces derniers hivers, représente pour les investisseurs un risque calculable qui doit être évalué avec précision.

Energieversorgung als Standortfaktor der Schweizer Industrie

Le scénario d’une réduction forcée de la production n’arrive pas soudainement, mais suit un plan d’escalade clairement défini par la Confédération. Dans une première phase, des appels seraient lancés à la population et à l’économie pour économiser volontairement l’électricité. Si ces mesures ne suffisent pas à stabiliser le réseau, des étapes plus drastiques seraient prises. Celles-ci incluent des restrictions d’utilisation (par exemple pour les enseignes lumineuses ou le chauffage des piscines privées) et enfin, en dernier recours, le contingentement pour les gros consommateurs. Cela signifie que les entreprises seraient contraintes de réduire ou d’arrêter leur production pendant certains créneaux horaires. Les dommages économiques seraient immenses.

La bonne nouvelle est que la Suisse dispose d’une infrastructure robuste et d’une production indigène élevée grâce à l’énergie hydraulique et nucléaire. De plus, le marché suisse des capitaux reste une source fiable pour le financement de grands projets d’infrastructure, même en période d’incertitude, comme le souligne le volume d’emprunts de 104 milliards de francs en 2024. Néanmoins, la dépendance aux importations d’électricité en hiver reste une faiblesse stratégique. Pour les investisseurs, cela signifie que lors des décisions d’implantation, non seulement la charge fiscale, mais aussi la résilience énergétique du canton et les plans d’urgence de l’entreprise elle-même deviennent des facteurs décisifs. La question n’est plus seulement « Combien d’impôts vais-je payer ? », mais aussi « Puis-je garantir le maintien de ma production en février ? ».

Quel est le bon moment pour étendre votre produit de niche vers de nouveaux marchés comme les USA ?

S’émanciper d’une focalisation exclusive sur l’UE ne signifie pas l’isolement, mais une diversification mondiale proactive. Pour les entreprises suisses proposant des produits de niche hautement spécialisés, notamment dans le secteur Medtech ou High-Tech, la question du bon moment pour s’étendre sur de nouveaux marchés comme les États-Unis n’est pas une option, mais une nécessité stratégique. Le moment est venu lorsque trois conditions sont remplies : le produit a prouvé sa maturité technologique en Suisse, le marché intérieur est trop petit pour une mise à l’échelle supplémentaire, et il existe un parcours réglementaire clair pour le marché cible.

Les États-Unis sont l’étape logique suivante. Le marché est immense, riche en capital et, point crucial, réglementairement prévisible. L’homologation par la FDA est certes exigeante, mais elle constitue un standard d’or reconnu mondialement qui ouvre les portes d’autres marchés. La spin-off de l’ETH, Positrigo, est un exemple parfait de cette stratégie. L’entreprise a développé un appareil compact de PET cérébral, une innovation de niche typiquement suisse. Après sa fondation en 2018 et la validation de la technologie, Positrigo a obtenu l’homologation FDA en 2024. Cette étape n’était pas un hasard, mais le résultat d’une décision délibérée d’adresser directement le marché le plus important pour les appareils d’imagerie de médecine nucléaire.

Cette stratégie est vitale non seulement pour les entreprises individuelles, mais pour l’ensemble de l’économie suisse. L’industrie Medtech génère à elle seule un excédent de la balance commerciale de 5,8 milliards de CHF, ce qui représente un impressionnant 11,9 % de la balance commerciale totale de la Suisse. Chaque entrée réussie sur le marché américain renforce cette position. Pour les entrepreneurs, la leçon est la suivante : n’attendez pas une solution politique avec l’UE. Si votre produit est prêt, le bon moment pour l’expansion aux USA est maintenant. L’autonomie réglementaire de la Suisse, qui permet une reconnaissance des normes FDA, n’est pas un obstacle mais un accélérateur.

L’essentiel en bref

  • L’autonomie réglementaire permet à la Suisse de mettre en œuvre des solutions pragmatiques et rapides, comme la reconnaissance des homologations américaines, ce qui constitue un avantage concurrentiel décisif.
  • Des incitations fiscales intelligentes comme la Patent Box sont la réponse moderne à la suppression des anciens privilèges et favorisent de manière ciblée l’innovation et la création de valeur dans le pays.
  • Les plus grands risques pour le site ne sont pas les blocages politiques externes, mais l’inertie administrative interne et un approvisionnement énergétique potentiellement non sécurisé.

Quand la Banque nationale intervient-elle et qu’est-ce que cela signifie pour votre hypothèque ?

Au milieu des incertitudes politiques avec l’Europe, une institution demeure un roc dans la tempête et un facteur décisif pour la stabilité de la place suisse : la Banque nationale suisse (BNS). Son indépendance vis-à-vis de la politique et de la Banque centrale européenne (BCE) est un avantage inestimable. Alors que la BCE doit accorder sa politique monétaire sur 20 économies très différentes, la BNS peut réagir de manière ciblée et agile aux besoins spécifiques de la Suisse. Une intervention de la BNS a lieu principalement pour remplir son mandat : assurer la stabilité des prix tout en tenant compte de l’évolution de la conjoncture.

Pour les entreprises et les investisseurs, deux scénarios d’intervention sont particulièrement pertinents. Premièrement : la lutte contre l’inflation. Si le renchérissement dépasse la fourchette cible de 0 à 2 %, la BNS relèvera son taux directeur. Cela renchérit le crédit, y compris les hypothèques, ce qui freine la demande et ralentit l’inflation. Deuxièmement : la lutte contre une force excessive du franc. Un franc trop fort nuit à l’économie d’exportation et agit comme une déflation importée. Dans ce cas, la BNS peut intervenir sur le marché des changes et acheter des devises étrangères pour affaiblir le franc. Cette possibilité est un avantage direct de l’autonomie monétaire.

Pour les preneurs d’hypothèques, cela signifie une dépendance directe vis-à-vis des décisions de la BNS sur les taux. Une hausse des taux pour combattre l’inflation entraîne presque immédiatement des taux plus élevés pour les hypothèques Saron et renchérit à moyen terme les hypothèques à taux fixe. L’incertitude dans les relations avec l’Europe joue ici un rôle indirect : un franc « valeur refuge » fort en période de crise peut contraindre la BNS à être plus prudente avec les hausses de taux que d’autres banques centrales, afin de ne pas pénaliser davantage l’industrie d’exportation. Cette capacité d’ajustement fin est une ancre de stabilité centrale que les investisseurs apprécient hautement.

Comment intégrer avec succès les expatriés dans votre culture d’entreprise suisse ?

Tous les avantages stratégiques – de la politique fiscale à la stabilité monétaire – sont vains sans le facteur de production décisif : une main-d’œuvre hautement qualifiée. Dans la « guerre des talents » mondiale, la Suisse dépend de sa capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde entier. Mais le recrutement seul ne suffit pas. Le plus grand défi, et une tâche de gestion souvent sous-estimée, est l’intégration réussie de ces expatriés dans la culture d’entreprise suisse spécifique. Si celle-ci échoue, elle entraîne une rotation élevée du personnel, des pertes de productivité et échoue finalement à exploiter tout le potentiel de ces talents. Le secteur Medtech a créé à lui seul 4 200 nouveaux emplois au cours des deux dernières années et emploie aujourd’hui 71 700 personnes – dont beaucoup viennent de l’étranger.

Une intégration réussie n’est pas un hasard, mais le résultat d’une stratégie systématique qui va bien au-delà d’un contrat de travail. Elle doit aborder les aspects culturels, sociaux et professionnels de la vie en Suisse. Il s’agit de jeter un pont entre les attentes des expatriés et les méthodes de travail locales, souvent marquées par la recherche de consensus, la ponctualité et une communication directe mais calme. La simple fourniture d’un emploi n’est plus compétitive ; les entreprises doivent offrir une expérience d’arrivée et d’intégration holistique.

Plan d’action : Intégration des spécialistes internationaux

  1. Soutien aux doubles carrières (Dual Career) : Offrez un soutien actif au partenaire pour la recherche d’emploi en Suisse afin d’accroître l’attractivité pour toute la famille.
  2. Onboarding culturel : Transmettez proactivement les règles non écrites de la culture de travail suisse (ex: importance du consensus, gestion de la hiérarchie, normes de ponctualité) lors d’ateliers spéciaux.
  3. Promotion linguistique : Financez non seulement des cours de langue, mais encouragez activement leur application par l’intégration dans des équipes de projet francophones, germanophones ou italophones et lors d’événements sociaux.
  4. Développement de réseau : Connectez de manière ciblée les nouveaux collaborateurs avec des associations locales, des groupes d’intérêt et des communautés d’expatriés établies pour briser l’isolement social.
  5. Fidélisation à long terme : Présentez dès le début des parcours de carrière clairs et des opportunités de développement au sein de l’entreprise en Suisse pour créer une perspective durable.

L’investissement dans une telle intégration structurée n’est pas une dépense, mais un investissement dans la compétitivité à long terme de l’entreprise et de l’ensemble du site. C’est la dernière pièce décisive du puzzle pour garantir que la Suisse n’attire pas seulement les talents, mais sache aussi les garder.

Pour assurer durablement l’attractivité de la place suisse, nous devons nous affranchir de l’espoir passif d’une solution politique avec l’UE et façonner activement notre avenir. Cela exige des entrepreneurs et des investisseurs qu’ils adoptent les stratégies proactives esquissées ici et qu’ils utilisent les véritables forces endogènes de la Suisse comme base de leurs décisions.

Questions fréquentes sur la politique de la BNS dans le contexte de l’UE

Comment l’absence d’intégration à l’UE influence-t-elle la politique de la BNS ?

En tant que banque centrale indépendante, la BNS peut réagir plus agilement à la force du franc que la BCE, qui doit tenir compte de 20 pays. Cela permet des interventions plus ciblées pour protéger l’économie d’exportation.

Quel rôle joue l’équivalence boursière pour la place financière ?

L’équivalence boursière a expiré en juillet 2019. Le Conseil fédéral a alors protégé la SIX en interdisant le négoce d’actions suisses sur les bourses de l’UE, ce qui a ramené avec succès la liquidité en Suisse.

Comment l’incertitude liée à l’accord-cadre affecte-t-elle les taux d’intérêt ?

La BNS doit également tenir compte des effets de change lors de l’ajustement des taux. Un franc trop fort nuit à la compétitivité, c’est pourquoi la BNS a tendance à être plus prudente que d’autres banques centrales avec les hausses de taux.